Dossier de presse
     
 
  Le Temps, mardi 13 janvier 2009
A l'Espace des Beaux-Arts "Caliga" - "Havre de paix"
Au fond du voyage...
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Choukry Benmansour est un peintre passionné qui prône la spontanéité contre la routine, qui y sonde ses origines et ses imprégnations de voyages dans une écriture personnelle dont les formes et les couleurs en sont les termes, les signes et les symboles, la ponctuation.

C’est probablement pour se détacher de la rationalité et de la logique des mathématiques qu’il enseigne, qu’il fait des entrelacs, des entrecroisements, des enchevêtrements, des labyrinthes sur toile et sur pierre… si Choukry Benmansour est un peintre figuratif au départ, c’est vers l’abstraction qu’il se dirige aujourd’hui. Il avait envie d’une peinture que l’on puisse reconnaître sans avoir à y apposer de signature.

De l’huile, il a fait son médium de prédilection et grâce à elle, il entretient un rapport très particulier à la tache. S’il peut alors se livrer à une pratique exploratoire de l’accident, il dit maîtriser la tache, la diriger à la différence de Jackson Pollock qui jouait sur le hasard. C’est ainsi que Choukry Benmansour fait coïncider hasard et méthode, explore différentes techniques afin de créer une peinture singulière, ni formelle, ni géométrique.

 

Arrivé tout droit du Mexique, l’inspiration, dit-il, lui est venue d’une petite pierre toute veinée qu’il nous a montrée.

Cependant, il suffit d’imaginer pour que la tache devienne, comme d’elle-même, «Départ vers la vie», «voyage cosmique», «mirage»,
«Fonds marins», «Chevauchée pastorale» ou «Algues d’or». On s’intéresse alors à ce qui survient, à ce qui peut survenir. La matière fluctue, débordant de vitalité.

Les formes retenues alors dans un de leur développement détiennent une indétermination, une instabilité essentielle.

La fréquence de certains motifs, formes, couleurs les transforme en symboles dont on aimerait trouver la clé pour mieux en comprendre la signification. Ces lignes témoignent d’un parcours intime qui présente des références visuelles reconnaissables, mais non identifiables.

Zone urbaine, organisme humain, monde cellulaire, monde sous-marin, espace stellaire ?

Chacun peut y imaginer diverses choses, voir s'y promener des réminiscences de songes, ce qui rend l'oeuvre accessible et riche, et c’est là tout l’intérêt de l’abstraction. En somme, un monde poétique qui englobe maintes questions sur le monde qui nous entoure…


Nadia ZOUARI