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Taouzneit...
un village berbère, aujourd'hui disparu, du côté
de Tataouine. Paraît-il ! La consonance, de toute évidence,
harmonieuse, est berbère.
Ali
Batrouni
descend
de ces peuples fiers et résistants qui, à travers les
temps, ont su sauvegarder leur langue et leurs coutumes, là-bas,
là-haut, au sommet de leurs montagnes.
L'oeuvre de Ali Batrouni exerce sur nous la fascination des mondes
inconnus que l'homme porte en lui, sans doute parce qu'elle est traitée
avec une précision que seul atteint l'esprit quand il se dégage
totalement du réel, quand il est en quête permanente
d'une réalité supérieure.
Mais
que donc recherche l'artiste à travers ce respect des origines,
cette fidélité aux racines ? Apparemment à
pousser toujours plus loin les limites de la perception et de la
pensée humaine, une tentative élaborée de faire
revivre l'homme dans sa totalité, dans sa modernité,
de faire resurgir des profondeurs de son être, du nôtre,
une foule de souvenirs, de valeur affective.
Signes
et symboles hiéroglyphiques emplissent ses collages - sur
papier journal, par exemple -, créant ainsi des contrastes
prodigieux, inattendus. Ornaient-ils déjà ces habitations
troglodytiques qui hantent toujours les rêves de l'artiste
?
Ces
images surgies de son inconscient, qu'il se garde d'ailleurs d'interpréter,
l'obsèdent. Partout, nous les retrouvons, comme celle de
la femme, à peine esquissée, plutôt suggérée,
belle, énigmatique, plantureuse, enveloppée, synonyme
de la féminité, de l'élégance.
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Lumière
et mouvement
Jean-Paul
Pernette
l'aime ainsi, aussi. Se sont-ils donné le mot ? Tous deux,
exposant de concert, subliment, en effet, la femme, la magnifient,
exaltent la beauté pure de son corps. Tous deux préfèrent
ses rondeurs. Peut-être pour la fécondité. Comme
la terre d'où naît toute vie.
Jean-Paul
Pernette, lui, la sculpte. La sculpture n'évoque-t-elle pas
la vie ? Pernette, coutumier de Hammamet avec les artistes de Paris-Montmartre,
préfère le bronze et le bois pour dire sa préférence,
sa recherche de l'absolu.
Debout, agenouillée, bras repliés, levés au
ciel ou le long du corps, femme dans toute sa superbe, dans tous
ses états, lisse, brillante, son auteur n'a qu'un seul but
: retrouver, à travers ses "créatures",
à travers cette image sans cesse reprise de la femme, la
douceur dans la plénitude de la forme, la sérénité
dans la perfection géométrique, captant au passage
lumière et mouvement.
Jean-Paul Pernette, de temps en temps, s'évade ailleurs,
autrement, pour fuir la femme naturellement fuyante et nous offre
de minuscules sculptures, une hirondelle nichant, un dauphin batifolant,
un rat et pourquoi pas, un bouquet printanier appréciable
et d'autant plus apprécié qu'il semble cueilli dans
un fouillis inextricable.
Une fois de plus, la frontière entre peinture et sculpture
s'amenuise, les deux genres s'imbriquant admirablement afin que
les mots et l'émotion ruissellent à foison.
Mounira
AOUADI
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